Gilles de Gouberville

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Les Pâques de Gilles

Si Gilles de Gouberville donne dans son Journal force détails sur son quotidien, il ne rapporte pas l’intégralité des événements ; serait-ce d’ailleurs possible ?. Ainsi, lorsqu’il dit que  » untel  » est reparti, il n’a pas nécessairement précisé qu’il était arrivé ! Il n’est donc pas envisageable d’établir des statistiques absolues sur nombre de ses actes tels que, par exemple, le fait d’assister à la messe. Toutefois, Pâques étant le moment le plus important de l’année chrétienne, on peut supposer que Gilles rapporte l’intégralité de ses pratiques religieuses de la période pascale.

La pleine lune est l’élément déterminant de l’anniversaire de Pâques car selon les Evangiles, Jésus mourut peu de temps après la Pâque juive, célébrée à la première pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps :  » Pâques a lieu le dimanche qui suit le 14° jour de la lune qui atteint cette date au 21 mars ou immédiatement après  » (décision du Concile de Nicée en 325). La date de Pâques peut donc varier du 22 mars au 25 avril. Pendant les 14 années du Journal la date de Pâques oscille entre le 25 mars ( » 1553 « , 1554 pour notre calendrier) et le 21 avril (1549).


Gilles assiste à toutes les messes du dimanche  » de Pasques Fleurye  » (Rameaux) sauf en 1557, à quelques unes le jeudi  » absolut  » (saint), à toutes celles du vendredi  » sainct « ( ou  » oray  » ou  » ore « ). Il va parfois le jeudi ou le vendredi saints à la messe de Ténèbres qui est un office de nuit. En revanche, chaque année, sans jamais y manquer, il fait ses Pâques, qu’il soit au manoir – c’est le plus souvent le cas – ou en déplacement : à Cherbourg (1555) ou à Russy (1561).
De 1549 à 1554, l’office est célébré au manoir *:
 » dymenche, jour de Pasques XXI°, moy et tous mes serviteurs fysmes nos pasques à la chapelle, missire Jehan Freret [curé du Mesnil au Val] nous confessa tous et administra. Je lui donne pour sa messe V sols  » (21 avril 1549)
* A l’entrée de la propriété. Au dessus de la chapelle se trouve un colombier

De 1553 à 1554 Gilles et son entourage assistent en outre à la messe dite en l’église du Mesnil.

En 1555, il fait ses Pâques à Cherbourg. Sans doute a-t-il de nombreux péchés à se faire pardonner comme le laissent supposer la longueur de sa confession, le nombre de messes auxquelles il assiste en trois jours ainsi que le montant de la somme qu’il donne pour les œuvres de l’Eglise :
 » Sabmedy XIII° [avril] vigille de Pasques apprès soupper je m’en allé à confesse à missire Jehan Palefray, vicayre dud. lieu. Il estoyt quasi nuyct quand nous heusmes achevé et lui donné III sols « . Le dimanche  » je m’en allé ouyr matines et plusieurs messes qui se disrent cependant puys allé fère mes pasques (…) Tant aux luminayres que aulx œuvres de l’église, à la débitte [?] aulx cousteurs [?] et donné aulx pauvres XX sols « .
L’après-midi, il assiste aux vêpres, le lendemain, il va à Gouberville et y entend la messe ; le mardi également !

De 1556 à 1560, aucun office n’est célébré au manoir :
 » Je fys mes pasques et tous mes serviteurs à l’église pour ce que missire Jehan Freret n’avoyt peu venir à la chapelle à raison qu’il a la charge de la parroisse  » (5 avril 1556)
argument assez discutable puisque Jehan Fréret était déjà curé du Mesnil au début du
Journal. Ce changement est peut-être en relation avec le fait qu’en 1555 Gilles a fait ses Pâques à Cherbourg.

En 1561 Gilles est à Russy où il règle quelques affaires relatives à la succession de son oncle, mort l’année précédente. Comme en 1555, il manifeste une grande ferveur religieuse. Ainsi, le vendredi saint, (4 avril), il se confesse au vicaire de Russy, assiste au service religieux  » où je fus tout du long « . Le samedi,  » nous fismes nos pasques a la fin de la messe « . Le dimanche après avoir entendu la messe à Russy il va à Sortoval  » où je trouve mon frere et le penytencier qui lisoyent en l’appocalypse « . Le lundi il rentre chez lui et s’arrête à Saint Clément, vers la baie des Veys, pour écouter un sermon.

Le 27 mars 1562, Gilles assiste à la messe du vendredi saint. En allant à Gouberville, il apprend que  » Monsieur de Guyse avoyt, ainsi qu’on disoyt , tué un ministre de l’église réformée « *. Il fait ses Pâques le samedi à l’église de Gouberville. Le dimanche de Pâques, une messe est de nouveau célébrée au manoir  » je mandé missire Pierres Feuillye [de Gouberville] qui vinst administre les gens de céans à la chapelle « .
* le 1er mars 1562, à Wassy (Haute-Marne), des protestants sont massacrés par des gens du duc de Guise (catholique) pour avoir pratiqué leur culte dans la ville alors que l’édit de tolérance de janvier 1562 n’accordait cette liberté que hors des villes closes de remparts et dans les maisons privées. Cette date marque le commencement de la première des huit guerres de religion.

L’importance de Pâques est confirmée par le fait qu’elles peuvent être pratiquées un autre jour que le dimanche, en cas d’empêchement : ainsi en 1561 (voir ci-dessus) et en 1558 :  » lundy XI° ferye de Pasques « . Le curé du Mesnil, Jehan Fréret vient
 » à la chapelle où Lesclot fist ses Pâques et Raoul qui n’avoyt hier peu aller à l’église fut communié au fournil [ ?] par led. Freret « .

Enfin, Gilles ne dit rien au sujet des repas consommés pendant cette période.

Jacqueline VASTEL

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