Gilles de Gouberville

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Montrer son rang dans le vêtement

Valerio Cordiner, qui nous avait régalé d’une conférence lors de notre assemblée de 2014, a écrit dans le beau style que nous lui connaissons un très pertinent essai sur le vêtement chez Gouberville. Son éditeur, la maison d’édition universitaire Ledizioni, nous a fait l’amabilité de nous permettre de publier cet essai.

La source du texte ci dessous est donc :
Montrer son rang dans le vêtement. Des façons de s’habiller au Mesnil-au-Val (1549-1562)
publié dans le volume « La grâce de montrer son âme dans le vêtement » Scrivere di tessuti, abiti, accessori. Studi in onore di Liana Nissim, a cura di Marco Modenesi, Maria Benedetta Collini, Francesca Paraboschi, T. I, Dal Quattrocento al Settecento, Milano, Ledizioni, 2015, Collana di/segni (ISSN: 2282-2097) n.10, pp. 141-151 (ISBN 9788867052844)),
Ce volume peut être téléchargé

Montrer son rang dans le vêtement
Des façons de s’habiller au Mesnil-au-Val (1549-1562)

Valerio Cordiner
Università di Roma «La Sapienza»

Que gagnez-vous la belle
Que gagnez-vous par an?
Un petit écu, dit elle,
Avec un cotillon blanc.
(Refrain normand)

Costume, image de l’homme est non seulement le titre d’une belle étude qu’Yvonne Deslandres (1976) a consacrée aux mœurs vestimentaires du XVIe siècle, mais encore une réalité vérifiable de tout temps et à plus forte raison à la Renaissance.

Fût-ce à cause des guerres d’Italie ou de l’arrivée à Paris des princesses toscanes, fût-ce à la suite d’échanges commerciaux, sinon de voyages d’étude, force est de constater qu’une floraison – parmi d’autres – de la mode eut lieu au XVIe siècle. De haut en bas de l’échelle sociale, le magnifique épanouissement du goût de s’habiller est un des phénomènes les plus marquants de l’époque. Des grandes dames parisiennes aux filles de joie des faubourgs, des gentilshommes d’épée aux avocats de province, l’engouement pour la mode italienne, pour les soies, les velours et d’autres tissus précieux fait l’unanimité, ou presque. En fait, puisqu’il contribue, avec d’autres aiguillons de la vue (et de la chair) à un art de vivre qui désacralise le monde, il ne manque pas de s’attirer le blâme des prêcheurs. Par ailleurs, dès lors qu’il accompagne la course aux titres engagée par le ‘tiers et roturier état’, il ne peut que susciter du même coup la réprobation des ‘maîtres censeurs’ de la noblesse de souche. Enfin, face aux dépenses croissantes qu’il occasionne, le pouvoir lui-même s’en inquiète et promulgue à plusieurs reprises des lois somptuaires péremptoires (p. ex. dans l’Ord. de Moulins de 1566), fussent-elles en définitive inefficaces.

Malgré les désaveux et les interdits, on peut tout à loisir observer que c’est avec une remarquable impudence que l’art luxuriant du portrait, où les traits du visage presque s’effacent devant le faste des étoffes, exhibe l’efflorescence d’une civilisation du paraître. De même, par le biais de l’inventaire et de l’admiration, sinon de la critique et de la moquerie, c’est toute la littérature française du XVIe siècle – de Rabelais à Montaigne, en passant par Du Fail et d’Aubigné – qui entretient des liens fort intimes avec l’essor contemporain de la mode1. Il convient donc, dans un souci d’exhaustivité, de se demander ce qu’il en est de cette véritable frénésie pour la toilette et la parure, dans un contexte socioculturel arriéré et provincial, comme l’est celui que le sieur de Gouberville, nobliau cotentinois, décrit au jour le jour pendant une douzaine d’années dans son fameux Journal2. Aussi, lâchez Thélème et les livrées élégantes de ses hôtes de choix (Rabelais 1994: 146 sg.), pour tomber bien bas, au ras du sol de la raison pratique. À titre d’exemple, une fois l’oncle de Russy décédé, ses deux héritiers doivent partager, parmi d’autres legs:

xlvi aulnes de toyle de lin […], et pour ce qu’il y en avoyt au premier bout de plus fine que en l’austre, ma seur de Sorteval dist que le bout de la fine retourneroyt deux aulnes à l’austre bout. Je choysi le bout de la moins fine et en heu xxv aulnes, et elle n’en heult que xxi aulnes» (13 décembre 1560).

Or, l’homme avisé qui préfère la quantité à la qualité, vit lui aussi dans cette atmosphère du XVIe siècle, et son œuvre témoigne en maints endroits de la passion répandue pour les mises somptueuses, pour les draps ouvragés, pour la ‘faisance valoir’ qui dérive de l’apparat.

Considérons tout d’abord l’auteur. Aîné d’une famille de la petite noblesse normande, dont les titres sans être anciens sont pourtant assurés, Gilles Picot de Gouberville est un aristocrate terrien quelque peu sui generis. Portant l’épée comme un ornement de classe, ce planqué tenace de toute entreprise militaire n’aime point se battre, sauf à coups de pied dans le séant de ses domestiques. Tout aussi insoucieux de ses armes – «des gueules, à la croix ancrée d’argent» (Robillard 1892: 13) – que de l’onomastique lignagère, il ne tient à son titre, auquel d’ailleurs il s’accroche de toutes ses forces, qu’en tant que «préservatif contre le fisc» (Le Roy Ladurie 1972: xxxi). Les lecteurs de Proust en prendront leur parti. N’en déplaise également aux amateurs de romans de cape et d’épée, cet hobereau dédaignant toute sorte d’aventure n’affectionne de l’âge carolingien que l’autarcie économique et la venaison rôtie. Sédentaire et solitaire, sans famille ni fréquentations, sa résidence habituelle est la demeure de pierre du Mesnil-au-Val (Nord Cotentin), qui s’ouvre en toutes saisons sur les champs environnants, où le Sire consacre la plupart de son temps à surveiller les travaux agricoles. «Tempérament vigoureux d’homme de grand air» (Foisil 22001: 230), Gilles de Gouberville est de par sa constitution un ventral qui, en guise de bouquets, fait hommage aux demoiselles qu’il courtise de gras chevreaux ou de pâtés de porc.

Sa charge de lieutenant aux Eaux et Forêts, si elle l’introduit dans le milieu des officiers3, ne manque pas de lui offrir des occasions supplémentaires pour des randonnées pédestres ou à cheval dans le bois. Homme-nature, aux lectures occasionnelles et volontiers badines (l’Amadis de Gaule, l’Almanach de Nostradamus), la grande histoire n’est pas du tout son affaire, ni le grand monde d’ailleurs qu’il se contente de côtoyer en retrait lors de son séjour – oh combien décevant! – à Blois, siège de la cour. Son univers à lui, l’habitat convenant à son espèce casanière, est le domaine féodal qui s’étend à perte de vue devant son huis. La vie du bocage est celle qui lui est propre; il la partage, en chef et contrôleur, avec ses laboureurs permanents et journaliers. Sa vraie famille, et pour tout dire la seule, se compose de ses frères bâtards qu’il héberge chez lui, ainsi que des nombreux serviteurs (hommes et femmes) employés à son service. À cette famille qu’il nomme, non sans affection, «la famille de céans», viennent s’adjoindre Cantepye, son homme de confiance cultivé et débrouillard, le laquais Lajoie, qui l’accompagne partout en tenant la bride, et la cohorte de ruraux et d’artisans des alentours qu’il côtoye et chérit d’une manière inconcevable pour les gens de son rang.

Cet espace villageois, comblant tout l’horizon de ses envies, est encore celui qui meuble les pages de son Journal, peuplé à chaque phrase de la présence contiguë des humbles et des démunis. Qualifier cet ouvrage de ‘Journal’, c’est là une façon de parler. Il s’agit en réalité d’un livre de raison, c’est-à-dire d’un registre minutieux de comptabilité domestique que le Sire tient journellement jusqu’au seuil de la mort, et de 1549 à 1563 pour les cahiers qui sont parvenus jusqu’à nous. Parmi les achats et ventes («mises et receptes», selon l’intitulé des cahiers) répertoriés ponctuellement dans ce «monument presque unique de littérature grise, au niveau zéro de l’écriture» (Chaunu 1981: 10), nombreux sont ceux qui ont trait au domaine vestimentaire. Aussi le Journal se révèle-t-il une mine inépuisable de renseignements de première main sur les différentes pièces d’habillement, étoffes, peaux, fermetures et accessoires en usage à l’époque, ainsi que sur les méthodes de fabrication, les modes d’emploi, les unités de mesure et les prix courants.

C’est notamment ce dernier aspect qui attire l’attention et chatouille la plume du châtelain-ménager. En effet, que ce soit pour lui-même, pour ses frères naturels ou pour les gens à ses gages, c’est toujours à lui, maître et payeur, d’ouvrir l’escarcelle, souvent à son corps défendant. Attendu que le bonhomme est, sinon avaricieux, du moins économe, il s’attache en premier lieu à la durée et à la résistance des vêtements et des chaussures. Et ce, comme de coutume pour lui-même, à titre exclusif pour ses serviteurs qu’il pourvoit à ses frais de toiles épaisses et de souliers inusables. Toutefois, quand il dit que c’est ‘à ses frais’, ne le croyez pas: les vêtements et les chaussures, de même que le vivre et le couvert, sont prévus dans le contrat de louage de ses domestiques, en sus de quelques menues monnaies et d’étrennes parcimonieuses au bon gré du patron. Au Mesnil, de l’argent, il n’en circule que fort peu: le Sire – qui s’en défie – le garde de près et volontiers dans la poche à côté de sa garde. Les boutiques sont bien rares à la ronde, les rustres par ailleurs n’y étant pas les bienvenus. Tout le monde trouve alors son intérêt dans cet accord gagnant-gagnant, dans ce salaire en nature remis à la date d’échéance avec un large sourire. «Je loay Typhagne Groult au Teil, et luy promys pour ses gages d’un an commenceant au jour d’hier xlvi solz, une payre de souliers, et du linge à ma volonté» (3 février 1552); celle-ci n’est qu’une occurrence, parmi cent autres, de cet échange inégal, mais somme toute acceptable, qui règle au Mesnil les rapports entre propriété et travail, entre main d’œuvre disponible et produits finis. Ces derniers, destinés comme ceux qui s’en revêtent aux épreuves les plus dures de la vie champêtre, ont à cet effet les caractéristiques suivantes: ils sont lourds pour protéger du froid et de la pluie, grossiers pour résister aux chocs journaliers, courts pour n’encombrer ni la marche ni le travail, sombres et mates pour endurer la saleté et surtout bon marché pour ne pas déplaire au Sire. Et ce, aussi bien pour les hommes de peine que pour les femmes, fussent-elles chambrières ou basses-courrières, lesquelles ‘préfèrent’ les chausses aux jupes, la futaine à la soie, les gros souliers (pas les sabots, comme on s’y attendrait, qui ne sont nulle part mentionnés dans le Journal) aux ballerines, le noir, le gris et le tanné au bleu des princesses et au rouge des putains.

De ce tableau presque uniforme dans sa convenable médiocrité, à peine voit-on se détacher quelques éléments privilégiés. Le laquais Lajoie par exemple qui, pour des raisons de service – il convoie à pied son seigneur à Valognes, à Cherbourg, à Rouen et jusqu’à Blois, le long d’étapes qui peuvent compter 30, 50 et même 76 km par jour (20 février 1555) – est en droit de demander des chaussures plus confortables et des jaquettes moins ordinaires. Ces attentions échoient à juste titre à Cantepye, factotum qui parfois au siège du tribunal forestier revêt les fonctions de son maître (dont il épousera la demi-sœur le 13 février 1556). C’est ainsi que, parmi d’autres accessoires distinctifs, ce praticien de la loi dispose d’une ceinture où il accroche son «sac à escriptures» (que François Picot lui arrache le 27 avril 1558) et d’une mallette, conçue dans le même but, qu’il perd en chemin le 11 mai 1560. Ses frères bâtards bénéficient, sur son initiative, de largesses encore plus voyantes: Guillemette, la femme de la maison qu’il affectionne le plus, à laquelle il achète «une demye pièce de camelot noyr […] qui cousta ix lib. xii s. iii d.» (24 février 1556) et fait confectionner un trousseau de noces digne d’une Picot (5 juillet 1557); ou encore Symonnet, l’enfant gâté du Mesnil, son véritable favori, qu’il traite presque à son égal en le pourvoyant de chemises moelleuses, de pourpoints et de casaques en frise ou en velours et même d’une épée avec fourreau et ceinturon (16 août 1661), comme s’il était un noble à part entière.

Parcimonieux sans pingrerie avec ses subordonnés, quel traitement le châtelain du Mesnil se réserve-t-il pour lui? À peu près le même que celui qu’il destine à ses paysans, à l’exception des extra conçus en vertu du rang qui est le sien et de la position qu’il revêt au sein du microcosme féodal. Loin de comporter les raffinements et délicatesses de la vie de cour, son existence se déroule – toujours semblable – dans un contexte domestique d’une austère simplicité4. L’ameublement du manoir est solide mais sans éclat, la vaisselle de table est en étain, les rideaux à courtine du lit sont en drap. Tout, chez lui, est envisagé pour résister à l’action du temps et à la rigueur du froid. L’homme, bâti sur le même moule que sa demeure rustique, ne se soucie aucunement de son hygiène – il élève des pigeons dans sa chambre (2 juin 1555) et n’achète, pendant 13 ans, qu’une seule pierre de savon (10 juillet 1561) – tout en prenant par contre grand soin de sa santé. Ainsi, constamment exposé aux intempéries, il s’habille par strates comme un oignon. En haut, une chemise blanche qu’il change tous les dimanches, sous un pourpoint ou un casaquin, un manteau5 par-dessus garni d’un collet en capuchon. En bas, des chausses, bardées au niveau des cuisses d’un faux haut-de-chausses en cuir pour protéger le velours des frottements de la selle. Aux pieds, des bottes de choix aux semelles en cuir du Levant. Sur la tête, un bonnet de feutre enfoncé jusqu’aux oreilles, aux mains de robustes gants d’équitation, dans sa poche un mouchoir sale pour envelopper quelques pièces de monnaie. En plus de la longueur, du confort et de la cherté qui le différencient ictu oculi de celui des hommes de peine, l’habillement du Sire est dans l’ensemble caractérisé par deux phénomènes: la doublure à l’intérieur (de bure pour le chapeau, de fourrure pour le manteau, de toile pour le pourpoint, de satin pour les chausses, de peau rouge pour les bottes, de liège pour les semelles), pour mieux se protéger comme toujours de l’humidité et des ruptures6; l’ornement à l’extérieur, consistant en dentelles, bords, passements, boutons, noyaux, aiguillettes et cordelières (confectionnés de fils précieux et, à bon escient, assez voyants) qu’il se fait attacher un peu partout et à foison, du couvre-chef jusqu’aux chaussures. Histoire de garantir tout à la fois et à peu de frais le confort au quasi-paysan et le décor à l’homme de qualité.

Quant aux marques distinctives de son état privilégié, signalons que lorsqu’il se rend en ville pour ses fonctions publiques, Gouberville endosse sa robe d’ordonnance, une pièce d’habillement qui, au Mesnil, est à son usage exclusif (et à celui de Cantepye, en sa qualité de remplaçant). Officier du roi, mais avant tout gentilhomme, il se rehausse sur les autres robins en faisant appliquer à son habit des revers de loup, de martre ou de lombarde. Un péché mignon – sa vanité nobiliaire se contentant de peu – qui par ailleurs n’a pas que très peu d’occasions de s’exprimer, à l’exception du déplacement à Blois, où il se rend pour demander au roi la confirmation de son office. S’il est avare de détails quant aux toilettes des grandes dames qu’il côtoie à la cour – l’unique observation concerne les aulx que l’écuyer Petit-Jean «avoyt mys au cachenez des damoyselles de Madame de…» (15 février 1555) –, il nous informe en revanche sur l’achat d’une «carlotte de soie» (doublée de bure), d’un bonnet de velours (fourni d’étui) et d’un fourreau de cuir qu’il s’offre pour se donner de l’allure aux bals de la cour, dans la mesure de ses ambitions et notamment de ses ressources.

Eu égard toujours à ce dernier aspect que le Sire semble tenir en grande considération, après avoir jeté un coup d’œil sur la ‘collection Gouberville’, abordons à présent le sujet du point de vue de la production. L’infrastructure féodale en vigueur au Mesnil prescrit que l’on produise tout, ou presque tout, chez soi. Des terrains de son domaine et du travail de ses gens, Gouberville tire chaque année d’abondantes récoltes de lin et de chanvre. Et encore, les bœufs qui pâturent sur ses terres lui donnent des peaux de qualité; ses brebis et ses chèvres font de même pour la laine. De la forêt avoisinante (et des chasses nocturnes de Symonnet) lui proviennent enfin des fourrures. Le tout est travaillé à domicile, sous son contrôle direct, par ses nombreux domestiques: le lin est épluché et tissu, la laine pliée et cardée, le cuir lavé et tanné. Dans ce but, les locaux du manoir sont réaménagés en laboratoires de couture, de cordonnerie et de teinturerie7, où travaillent, en plus de ses gens, des villageois qui se prêtent à ces métiers (parmi lesquels on peut signaler les Révérends Pères vicaires et desservants de la curie). De ces activités journalières témoignent, entre autres, les «esplingues» que Gouberville. offre chaque année par milliers à ses «serviteures» en étrennes pour la St Gilles.

Le cas échéant, de véritables artisans leur viennent en aide, au nombre desquels Thomas Girard, maître couturier qui, en plus d’exercer in loco avec l’aide de sa famille, apprend aux soubrettes goubervilliennes les coupes les plus laborieuses: «Thomas fist ung mestier pour apprendre à Michelle de céans à fère la neuffille platte et ronde pour les chemises» (26 février 1562). Parfois, si l’ouvrage requiert un outillage spécifique, le Sire amène les matières premières aux ateliers des environs, ou encore achète (d’habitude par personne interposée) les produits finis dans les boutiques de Valognes ou de Cherbourg (c’est le cas surtout des chaussures). Pour les objets de luxe, qu’il réserve pour lui-même ou pour Symonnet, il s’adresse à Thomas Quatorze, un détaillant parisien qui colporte en province ses articles en provenance de la Capitale, de Rouen et même d’Angleterre et qui, en échange de ses marchandises, reçoit de Gouberville la laine de ses moutons8. Les commerces n’ont pas toujours lieu si aisément: certains artisans ne sont pas suffisamment habiles (comme ce cordonnier qui, le 6 mai 1562, met «le fèble du cuyr en bas, et le fort en hault et la chayr par dehors»), ni les marchands honnêtes (comme ce drapier qui, le 16 mai 1561, le «vouloyt, tromper sur la mesure, et fut led. veloux mesuré plus de six fois»). Le Sire, qui partout a les yeux du maître, ne se fait pas avoir et obtient en toute occasion gain de cause. D’autre part, tout débonnaire qu’il est, il a de son côté et le titre et l’office, dont il a appris à se servir au besoin, avec les rustres de préférence.

De gré ou de force, nous l’avons vu, une sociabilité du vêtement existe, dont le Journal nous informe à maintes reprises et à plus d’un titre. Voyons-en quelques exemples. Si le Sire a l’habitude d’offrir des viandes aux belles et aux puissants de la région, plus rarement il fait cadeau «de bourses, de gans» (1er septembre 1557). C’est là une dynamique du don qui cache parfois des démarches corruptrices: c’est le cas des «troys flascons couvertz de cuyr et une payre de sterses accoustrés de cuyr doré» qu’il fait remettre au sieur viconte (11 mai 1559), ou de la «cottepointe de camelot de soie jaulne que Le Pescheur de Cabessons envoyet à Hurtebye fort bien faicte à las damours» (28 novembre 1557). S’il donne, il ne manque pas de recevoir, encore que parfois l’offre se fasse à ses frais. C’est ce qu’il advient, au grand dam du Sire, pour le «feultre d’Espengne» que Marie de la Fontaine lui fait remettre, «lequel avait coulté, comme elle me dist, xxxv s. et n’en valloyt pas xxv s. Je baillé les xxxv s. […] qu’elle m’escripvoyt que je les lui prestasse» (17 octobre 1561). Le vêtement peut aussi être, à l’occasion, matière d’emprunt, à des fins ludiques ou sanitaires: c’est le cas d’«ung bonnet et ung soye veloux que j’avoye hier presté au capitaine du Teil pour jouer à leur messe de my nuict» (25 décembre 1552) ou bien d’«une peau d’agneau corrayé» qu’il confie à la mère d’un malade «pour mettre contre son estomac» (20 juin 1556). À une époque et dans un contexte où les marchandises coûtent cher et sont donc faites pour durer, les pièces d’habillement entrent naturellement dans les patrimoines. En plus du susmentionné héritage de l’oncle de Russy que ses neveux, Gilles et François, se partagent non sans aigreur jusqu’au dernier bout d’étoffe, nous rappellerons les legs vestimentaires que Gouberville fait en 1545 à l’endroit de ses sœurs9 et en 78 au bénéfice de ses trois bâtardes10. Des vêtements reçus, mais aussi perdus, qui tantôt se retrouvent, tantôt non: une «jaquette» pour Lebrisés (25 mai 1560), une mallette pour Cantepye (11 mai 1560), mille fois, pour le Sire, son mouchoir à monnaie. Ce dernier excite aussi la convoitise d’un coupe-bourse qui «en passant par le marché, dedans la presse, […] [lui] desroba [s]on mouchoyer» en souvenir de Blois (8 février 1555). Là, c’est un vol par synecdoque; ailleurs, c’est le contentant – en l’occurrence «un drap de lit» (28 février 1557) – qui induit en tentation une souillon du Mesnil11.

Volés, perdus, prêtés, hérités ou donnés en cadeau, les vêtements sont une présence discrète mais constante au Mesnil (encore que le châtelain ne semble pas s’en soucier beaucoup, ni ses parents, ni d’ailleurs ses serviteurs). Force est alors de reconnaître combien la vie quotidienne, les relations sociales et les activités productives qui s’y déroulent en commun, de l’angélus du matin à l’angélus du soir, sont ponctuées d’épisodes saisissants et de faits divers curieux voire piquants ayant trait au domaine de l’habillement. Quelque peu en vrac, nous en rappellerons certains: «une couverture de lit» est employée pour la récolte des pommes à cidre (9 novembre 1557); de nombreuses le sont pour cacher les «moummons» portés ça et là les jours de fête; «ung masque de diable» est façonnée de chutes d’étoffe pour «jouer je ne sçay quelle follye» (7 août 1560); c’est d’un «accoustrement de matelot» dont le Sire s’affuble en ville pour ne pas être reconnu (13 octobre 1553); des pauvres accourus aux obsèques du trésorier Laguette, «douze seullement [furent] revestuz» (10 décembre 1556), et bien davantage bâtonnés, par l’héritier désigné; un autre mendiant laisse généreusement sur le banc d’église où le Sire s’assoit «ung cent de pouls […] qu’en [s]on logis Labarre, procureur, et Cantepye heurent osté» de sa robe (18 avril 1556); moins gentille, la chienne de Jean Paris «[l]e mordit» à la jambe en lui rompant «[s]a chausse» (6 novembre 1556); une autre fois, c’est en jouant à la «choulle» qu’il déchire «[s]a chausse avecques la doubleure d’icelle, dempuys le genoul jusques emmy la cuysse» (17 janvier 1556). Pour ce qui est des filles, comment oublier cette prétendue parente de La Bottée (que celle-ci conduit au château pour se faire pardonner une absence injustifiée), arrivant le soir «vestue de rouge» (une couleur inhabituelle au Mesnil) «pour luy tenir compagnée» pendant le jour et sans doute durant la nuit au Sire qui, le lendemain, la renvoie chez elle avec «ii s. et une libvre de lin» comme récompense (24-25 mars 1554); ou encore cette servante ‘au grand cœur’, si on en juge par sa poitrine, à qui une aune de toile ne suffit pas pour faire une robe «et pour ce que le drap estoyt estroyct il n’y peult avoyr des manches» (15 janvier 1560).

Mais arrêtons-là l’échantillonnage des occurrences de l’habillement dans l’existence paisible du manoir, pour dire en conclusion que cette matière, bien que racontée dans une prose sobre, monotone et d’ordinaire assommante, ne manque pas moins de donner, grâce à l’œil attentif, perspicace et profondément humain du Sire, un aperçu insolite – et d’autant plus précieux qu’il est unique en son genre – de la mode de la Renaissance aux marges extrêmes du domaine de la couronne. Aussi, en plus de se réjouir de la richesse de l’information que son Journal dispense de première main, saura-t-on gré à Gouberville d’avoir prodigué sans parcimonie de quoi réfuter (dans ce domaine ainsi que dans bien d’autres, la religion par exemple) les croyances douteuses d’une certaine exégèse – hélas, oh combien répandue! – qui consent trop à la fabulation littéraire et qui est encore plus éprise de ses propres lubies. Si la vérité vous tient à cœur et que vous nous faites confiance, lâchez donc sans regret Thélème et ses gandins évangéliques, pour le Mesnil-au-Val où les vicaires pliaient la laine. Vous ne descendrez du mythe que pour remonter à l’histoire, celle du vêtement en l’occurrence; et il n’est pas dit, loin s’en faut !, que l’une soit moins belle et moins passionnante que l’autre.

J’en veux pour preuve le récit journalier de ce féodal de province et de ses pauvres hôtes, lequel, malgré «l’absence de toute composition littéraire» (Foisil 22001: 15), est entré de plein droit dans l’histoire littéraire du XVIe siècle et a accédé tout court au rang des Belles Lettres, pour le seul fait de suivre humblement en retrait la respiration de son temps, en s’accordant au plus près des battements de son cœur. Une réussite inopinée de l’écriture ‘amodale’ que cet humanisme en futaine qu’il me plaît de remettre, en cadeau pour Liana, à la mode du jour.

Valerio Cordiner

NOTES

1 À titre d’exemple, citons, des Contes et discours d’Eutrapel, le passage suivant: «Polygame dit lors qu’il n’y a moyen d’empescher l’usage des draps de soye, où la pluspart de nos finances courent, que les defendre estroitement, sur grosses peines, et les permettre seulement aux putaines publiques et petits enfants: car, si la peine n’est que la confiscation de l’accoustrement, chacun ne s’en souciera […]. Le vray moyen, dit Eutrapel, à un prince souverain, de recouvrer une grande somme d’argent, au contentement de tous ses sujets, est deffendre les soyes et usurpations de noblesse, et pour cest effect establir par les provinces bons et vertueux commissaires pour informer contre ceux qui auroyent, depuis l’ordonnance publiée, porté soye et autres habillemens deffendus» (Du Fail 1875: vol. Ier, 66-68). Montaigne juge en revanche inopportune une intervention de la loi dans ce domaine, au beau milieu des guerres civiles: «Je vis pourtant sur ce propos, il y a quelques années, qu’un personnage, de qui j’ay la memoire en recommandation singuliere, au milieu de nos grands maux, qu’il n’y avoit ny loy, ny justice, ny magistrat, qui fist son office: non plus qu’à cette heure: alla publier je ne sçay quelles chetives reformations, sur les habillemens, la cuisine et la chicane» (Montaigne 2007: 990-991).

Selon l’usage convenu depuis toujours dans les études goubervilliennes, après chaque citation tirée du Journal, nous n’indiquerons que la date de la notice et nous renvoyons pour le texte intégral à: Gouberville 1892, 1895, 1993-1994. Rappelons à ce propos que «jusqu’à l’édit de janvier 1564, c’est la date mobile de la fête de Pâques qui déterminait le commencement de l’année. Cependant le diocèse de Coutances suivait un usage différent. C’est le 25 mars jours de la fête de l’Annonciation qui était le premier jour de l’année. C’est le style que suit Gilles de Gouberville dans son texte» (Foisil 2001: 31).

Au sujet de la carrière de Gouberville dans l’administration publique locale, voir: Luneau 1954; Huppert 1983: 169-197; Hamon 1999; Cordiner 2012.

Pour des détails supplémentaires, nous renvoyons à Tollemer 1972: 73-109.

5  Relevons en passant que le «manteau», comme Gouberville nous l’apprend, est aussi à l’époque une unité de mesure en usage pour les étoffes.

À noter que curieusement G. de G. choisit pour les doublures des couleurs bien plus vives que pour les pièces à jour.

7  Signalons que le Sire, toujours soucieux de son argent, y produit aussi de l’encre, de la cire, du parfum et de la poudre à feu.

Les rapports entre eux sont excellents, si bien que G. de G. envoie son demi-frère Jacques «à Paris pour apprendre mestier chez Thomas Quatorze» (20 août 1555).

«Je donne à Tassyne de Gouberville ma seur […] toutes mes bagues dor et pierreryes avecques dix aunes de satin noir et deux aunes et un cart descarlate qui son chiens dedans ung coffre affin et pour ayder a la pourvoir en mariage. Item je donne a ma seur Regnée espouse de monseignr de St Nazair la bouette de ma mere deffuncte gernye comme elle est de present avecques un mantyau et une cotte le tout descarlate» (Gouberville 1892: 879-880).

10 «Je donne à Tassine et Jacqueline, mes filles naturelles, […] à chacune un lit garny de plumes avec le traversain et oreillers garny de plumes, à chacune une serge de tapisserie, une courtine de linge avec la frange et rideaux et tout ce qui appartient à ladite courtine […]. Item je leur donne à cacune deux robes, de l’essence et façon de celles que je donnes à Loyse, leur sœur, femme de Jean Noyon de Maulpertuis, de bon et suffisant drap, comme sont celles de ladicte Loyse, le tout pour les pourveoir en mariage. Et au cas mes héritiers ne les vouldroient nourrir entretenir, de vestir et chausser comme elles sont de présent, je veulx que mondict héritier ou héritiers leur baillent la somme de lxx escus sol à chacune pour les ayder à les nourrir et entretenir, en attendant leur mariage» (cité dans Robillard 1892: 95). Il faut aussi rappeler que, lors du partage de Russy, le Sire obtient que Thoumine et Ysabeau, filles naturelles du curé défunt, héritent les «accoustrements de feue Marguerite, leur mère» (2 mai 1561).

11 À signaler que, quelques années auparavant, cette même Guionne Cardon, belle-sœur de la voleuse de draps, «avoyt osté quasi par force des bagues d’argent» des doigts de Lajoie (28 juillet 1555).

 

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Chaunu P., 1981, Préface, in Foisil M., 22001: 9-14.

Cordiner V., 2012, Mani unte. La giustizia ai tempi di Gouberville, Roma, Vecchiarelli.

Deslandres Y., 1976, Le costume, image de l’homme, Paris, A. Michel.

Du Fail N., 1875, Contes et discours d’Eutrapel, 2 t., D. Jouaust-C. Hippeau (eds.), Paris, Librairie des Bibliophiles,

Foisil M.,2 2001 Le Sire de Gouberville. Un gentilhomme normand au XVIe siècle, Paris, Flammarion (1981).

Gouberville G. de, 1892, Le Journal du Sire de Gouberville (1549-1552), A. Tollemer – E. de Robillard de Beaurepaire (eds.), Caen, Delesques.

―, 1895, Le Journal du Sire de Gouberville (1553-1562), A. de Blangy (ed.), Caen, Delesques.

(rééds.: ―, 1993-1994, Le Journal du Sire de Gouberville (1549-1562), Bricquebosc, Des champs, .

Hamon P., 1999, Gilles de Gouberville officier. Activités ‘professionnelles’ et relations sociales,

«Les Cahiers du Centre de Recherches Historiques» 23: 1-12, en ligne: http://ccrh.revues.org/2222 (consultation: 24/05/2012).

Huppert G., 1983, Bourgeois et gentilshommes. La réussite sociale en France au XVIe siècle, trad. de l’américain par P. Braudel-A. Bonnet, Paris, Flammarion

(ed. orig.: Les bourgeois gentilshommes, Chicago UP, 1977).

Le Roy Ladurie E., 1972, La Verdeur du bocage, intr. à Tollemer A., U972, Un Sire de Gouberville gentilhomme campagnard au Cotentin de 1553 à 1562, Paris / La Haye, Mouton: V-L.

Luneau G., 1954, La Vie d’un forestier au XVIe siècle, «Revue forestière française», 4: 263-267.

Montaigne M. de, 2007, Les Essais, J. Balsamo-M. Magnien-C. Magnien-Simonin (eds.), Paris, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade).

Rabelais F., 1994, Œuvres complètes, M. Huchon-F. Moreau (eds.), Paris, Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade).

Robillard de Beaurepaire E. de, 1892, Étude sur la vie rurale en Normandie au XVIe siècle, in G. de Gouberville (1549-1552), A. Tollemer-E. de Robillard de Beaurepaire (eds.), Caen, Delesques: 3-97.

Tollemer A., 21972, Un Sire de Gouberville gentilhomme campagnard au Cotentin de 1553 à 1562, Paris / La Haye, Mouton (1872).

1 À titre d’exemple, citons, des Contes et discours d’Eutrapel, le passage suivant: «Polygame dit lors qu’il n’y a moyen d’empescher l’usage des draps de soye, où la pluspart de nos finances courent, que les defendre estroitement, sur grosses peines, et les permettre seulement aux putaines publiques et petits enfants: car, si la peine n’est que la confiscation de l’accoustrement, chacun ne s’en souciera […]. Le vray moyen, dit Eutrapel, à un prince souverain, de recouvrer une grande somme d’argent, au contentement de tous ses sujets, est deffendre les soyes et usurpations de noblesse, et pour cest effect establir par les provinces bons et vertueux commissaires pour informer contre ceux qui auroyent, depuis l’ordonnance publiée, porté soye et autres habillemens deffendus» (Du Fail 1875: vol. Ier, 66-68). Montaigne juge en revanche inopportune une intervention de la loi dans ce domaine, au beau milieu des guerres civiles: «Je vis pourtant sur ce propos, il y a quelques années, qu’un personnage, de qui j’ay la memoire en recommandation singuliere, au milieu de nos grands maux, qu’il n’y avoit ny loy, ny justice, ny magistrat, qui fist son office: non plus qu’à cette heure: alla publier je ne sçay quelles chetives reformations, sur les habillemens, la cuisine et la chicane» (Montaigne 2007: 990-991).

2 Selon l’usage convenu depuis toujours dans les études goubervilliennes, après chaque citation tirée du Journal, nous n’indiquerons que la date de la notice et nous renvoyons pour le texte intégral à: Gouberville 1892, 1895, 1993-1994. Rappelons à ce propos que «jusqu’à l’édit de janvier 1564, c’est la date mobile de la fête de Pâques qui déterminait le commencement de l’année. Cependant le diocèse de Coutances suivait un usage différent. C’est le 25 mars jours de la fête de l’Annonciation qui était le premier jour de l’année. C’est le style que suit Gilles de Gouberville dans son texte» (Foisil 22001: 31).

3 Au sujet de la carrière de Gouberville dans l’administration publique locale, voir: Luneau 1954; Huppert 1983: 169-197; Hamon 1999; Cordiner 2012.

4 Pour des détails supplémentaires, nous renvoyons à Tollemer 21972: 73-109.

5 Relevons en passant que le «manteau», comme Gouberville nous l’apprend, est aussi à l’époque une unité de mesure en usage pour les étoffes.

6 À noter que curieusement G. de G. choisit pour les doublures des couleurs bien plus vives que pour les pièces à jour.

7 Signalons que le Sire, toujours soucieux de son argent, y produit aussi de l’encre, de la cire, du parfum et de la poudre à feu.

8 Les rapports entre eux sont excellents, si bien que G. de G. envoie son demi-frère Jacques «à Paris pour apprendre mestier chez Thomas Quatorze» (20 août 1555). 

9 «Je donne à Tassyne de Gouberville ma seur […] toutes mes bagues dor et pierreryes avecques dix aunes de satin noir et deux aunes et un cart descarlate qui son chiens dedans ung coffre affin et pour ayder a la pourvoir en mariage. Item je donne a ma seur Regnée espouse de monseignr de St Nazair la bouette de ma mere deffuncte gernye comme elle est de present avecques un mantyau et une cotte le tout descarlate» (Gouberville 1892: 879-880).

10 «Je donne à Tassine et Jacqueline, mes filles naturelles, […] à chacune un lit garny de plumes avec le traversain et oreillers garny de plumes, à chacune une serge de tapisserie, une courtine de linge avec la frange et rideaux et tout ce qui appartient à ladite courtine […]. Item je leur donne à cacune deux robes, de l’essence et façon de celles que je donnes à Loyse, leur sœur, femme de Jean Noyon de Maulpertuis, de bon et suffisant drap, comme sont celles de ladicte Loyse, le tout pour les pourveoir en mariage. Et au cas mes héritiers ne les vouldroient nourrir entretenir, de vestir et chausser comme elles sont de présent, je veulx que mondict héritier ou héritiers leur baillent la somme de lxx escus sol à chacune pour les ayder à les nourrir et entretenir, en attendant leur mariage» (cité dans Robillard 1892: 95). Il faut aussi rappeler que, lors du partage de Russy, le Sire obtient que Thoumine et Ysabeau, filles naturelles du curé défunt, héritent les «accoustrements de feue Marguerite, leur mère» (2 mai 1561).

11 À signaler que, quelques années auparavant, cette même Guionne Cardon, belle-sœur de la voleuse de draps, «avoyt osté quasi par force des bagues d’argent» des doigts de Lajoie (28 juillet 1555).

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