Gilles de Gouberville

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Les oublis du journal

Les oublis du journal de Gouberville

Deux pages sautées par le typographe : du 25 au 30 mai 1556

Deux pages de la transcription manuscrite de l’abbé Tollemer, correspondant á la période comprise entre le 25 et le 30 mai 1556 ont été oubliées á la typographie de l’édition des Antiquaires (Editions des Champs, tome II, page 270). En dehors du texte de Tollemer, elles figurent dans les corrections effectuées par P. Le Cacheux á partir du manuscrit original de Gouberville. Les voici.

NB en italique, ce qui figure dans l’édition. En caractère normaux : les oublis.

Le lundi, férye de Penthecouste XXV, je ne bougé de céans..

Franoys Damours et Jehan Loys y furent quand et eulx qui avoient disné céans. Ilz en revindrent á heure de soupper et avecquez eulx ung compagnon de la guarnison de Cherebourg nommé Paris qui souppèrent et couchèrent céans. Asses tost appres qu’ilz furent venus de la Boussaye vindrent troys compagnons de Fermanville qui estoyent yvres dont l’un nommé Collin Fossé se plaignit que Cantepye l’avoit oultragé. Je luy pensé un coup d’espée qu’il avoit sur la teste.

Ledit jour, apprès que j’eus pensé ledit Fossé, je m’enquis á Thinot Voysin de Saulsemesnil et á plusieurs de ceste paroisse qui estoyent présentz lors du descort qui avoit comencé la querelle et trouvé que ce avoit est ledit Fossé pour une loure qu’il avoit ostée par force au petit Greslin de Digoville qu’il Fossé voulloyt retenir d’audace.

Le mardi XXVI, je ne bougé de céans. Apprés disner je fus á Saulsemesnil voyr mes fieffes près l’Hostel Mouchel o se trouvrent deux hommes de Monstebourg qui cherchoyent une vache qu’on avoit desrobée quand et celle que je vendy hier á ung nommé de Surtainville qu’on avoit amenée cans de Saint-Martin des Bissons. Dudit lieu de Saulsemesnil m’en allé á la Crevire, Cantepye, La Joye et les deux hommes de Monstebourg quand et moy qui s’en allèrent á Bris et á Saint-Martin chercher leur vache et nous en allasmes par la Croyx au Prestre et par les Merdereaulx chercher les compagnons de ceste ville qui estoyent á la forest á courir du haras. Je ne les trouvé ny eulx ledit haras. Je m’en revins soupper céans. J’y trouvé Thomas Quatorze le jeune et missire Michel Henry de Sainte-Croix qui y souppèrent et couchèrent et Guillaume Fritot de la garnison de Cherebourg.

Le mercredi des quatre temps XXVI, je ne bougé de céans. Apprès disner je allé á la Haye de Digoville, Symonnet, Thomas Drouet, Nol, La Joye et son frère et plusieurs aultres. Je trouvé plusieurs bestes á laine pasturantes sur mes fieffes que je fys assembler en ung planistère. Puys les rendy á ceulx á qui elles estoyent comme la femme Quentin le Court, la veufve Jehan Noyon, la bergère au curay de Gonneville et aultres. Puys nous en vinsmes par les closages Auvray o nous trouvasmes Gilles et ses serviteurs qui faisoyent des fourneaulx de terre qui s’en vinst soupper avecquez nous et ledit Drouet. Passant près la maison dudit Auvray trouvasmes ung jeune rossignol que son pre appasteloyt. Nous faillismes par plusieurs foys á le prendre. Dès le matin Thomas Quatorze le jeune, missire Michel Henry et Cantepye allèrent á Vallongnes. Ledit Quatorze s’en alloyt á Paris. Pour deux mains de pappier et une libvre de chandelle que Cantepie apporta : IIIs. VIIId.

Ledit jour, j’envoyé á Philippin Hamel par sa fille IIIs. sur la première tasche qu’il me fera. Il estoyt malade gesant en son lict. Je le fus voyer en allant á la Haye de Digoville, Thomas Drouet avecques moy.

Le jeudi XXVIII, je ne bougé de céans. Maistre Jehan Potet, missire Jehan Auvray et le cappitaine du Teil se y trouvrent á disner. Ledit cappitaine recueilloyt la dixme des laines pour ce que son frère est fermier du bénéfice de ceste parroisse. Je luy baillé XVIIIs.

Pour ce que j’avoye de dixme de laine. XVIIIs. Ledit jour apprès disner je m’en allé á Saulsemesnil pour fère mesurer ma terre près la maison Mouchel, ledit Potet, Cantepye, Symonnet, La Joye et Thinot Voysin quant et moy. Ledit Potet fist la mesure, présentz Deny Gosselin, ledit Voysin et ses troys frères, Roger Mouchel et plusieurs aultres des habitans de l’environ. Ce faict nous allasmes repaistre chez Thomas Mouchel. Puys nous en vinsmes. Il estoyt viron cinq heures. Ledit Potet souppa céans. Puys s’en alla coucher á Tourlaville. Je fys semer du sarrazin au clos au Choysi et hier aux Croultes. Au matin Jehan Liot allant á Vallongnes passa par céans et me conta comme son fils Clément s’en estoyt allé á Parys. Je convyé ledit Liot et Gilles Auvray qui estoyt quand et luy jusques á la Grand Mare.

Le vendredi XXIX, apprès desjeuner je m’en allé á Gouberville, Cantepye avecques moy. Nous y arrivasmes á mydi. Joret n’y estoyt poinct. Il estoyt á Gatteville faire férer une roe. Je l’envoyé quérir. Pendant lequel temps je me dormy. Puys regardasmes quelles bestes il maineroyt demain á la fère de la Pernelle. Je party á troys heures, le vicayre et Joret me convirent jusques près la chasse du Mor. Nous parlasmes á Michel Le Fevbre et á son frère qui estoupoient á un clos qu’ils ont fait neuf. Avant que desjeuner céans au matin j’avoye achapté quatre maquereaulx qui coustrent XXd.

Ledit jour,

(je me trouvé que je n’avoye pour tout or et argent monnoy fors ung traizain, deulz soldz, deulz liars et ung double). Ledit jour apprès soupper, Cantepye, Symonnet, Gilles Auvray, Nol, La Joye, Arnould furent á la chasse aulx livres pour la relevaille de Mademoiselle de Couriac qui est dymanche. Ilz ne prindrent rien et toute ceste sepmaine ne cessairent d’y aller au soyer et n’ont prins que ung levrault. Gilles Auvray souppa cans. Apprès soupper je fus chez Drouet voyer les maons.

Le sabmedi pénultime, jour de la fére de la Pernelle, je ne bougé de cans. Cantepye, Hubert et Girot Maillart furent la fére. Pour une poultre (brune) esenne que maistre Michel Le Pelletier achapta : IX L. XVIs. Et pour deux gniches noyres de deux ans XI L. XX L. XVIs. Ledit jour, pour une payre de souliers pour Maillard…

Marcel ROUPSARD

Sept journées « escamotées »

En dehors des six jours contenus en totalité ou en partie dans les deux pages « oubliées » rapportées dans l’article précédent, il ne manque dans les quatorze années du Journal que trente-sept journées, sur un total de cinq mille cent treize.

Pour la plupart, ces manques s’expliquent par l’incapacité d’écrire affectant Gouberville au cours d’une cure très sévère suivie à Rouen pendant l’été de 1550 ; ainsi vingt-neuf journées, comprises entre le 23 juin et le 9 août, ne font l’objet d’aucune relation. Sur les huit jours restants, un seul (le dimanche 2 novembre 1561) constitue une véritable lacune. Pour les sept autres, il s’agit d’ «oublis » : cinq dans la transcription de Tollemer (11 octobre 1557, 20  mai et 22 décembre 1558, 6 avril 1559, 15 avril 1560), deux dans la composition typographique de la version imprimée : 24 février 1555, 14 août 1557; tous ces «oublis » sont récupérables grâce aux corrections de P. Le Cacheux.
NB en italiques, ce qui figure dans l’édition des champs. En caractère normaux : les « oublis ».

24 février 1555 (p. 251, t. II)
Moulin, de Caen, et plusieurs aultres tant de Caen que d’ailleurs…………. XIX s.
Le lundi XXIIII e , je ne bougé de Rouen. Nous desjeunasmes à nostre chambre, le sieur du Mesnil et nous. Puys allasmes aulx estuves où nous fusmes jusques à midi. Il me cousta XIII s. puys vinsmes banqueter chez Tassin où il me cousta III s. Je souppé à mon logis avecques la compagnie …XVI s.
Le mardi XXV e , jour Sct-Mathias,.

14 août 1557 (p. 368, t. II)
Le sabmedi XIIII e , vigille Notre-Dame, je ne bougé de céans. Je fys achever de raccoustrer les soliers du pressoyer. Arnould fut à Cherebourg et apporta de la viande pour XII s.
Le dymanche XV e , jour Nostre-Dame,
je ne bougé de céans. Apprès la messe .

11 octobre 1557 (p. 378, t. II)
que je me trouvoys fort mal de mon reusme.
Le lundi XI
e , je ne bougé de céans . Arnould fut à Cherebourg et apporta de la viande et de la chandelle pour……………………………….XIII s.
Le mardi XII e
je ne bougé de céans. Maistre Gilles Cabart .

20 mai 1558 (p. 429, t. III)
d’hier, qui y soupa et coucha.
Le vendredi XX
e , je ne bougé de céans . Je fys besongner tout le jour à sercler les fourmentz de la Vigne Liot. Le sieur de Roquencourt ne bougea de céans. Ilz furent Symonnet et luy aulx ramiers et ne fisrent rien.
Le sabmedi XXI e ,
je ne bougé de céans. On besongna aulx fourmentz .

22 décembre 1558 (p. 467, t. III)
de fumier lundi et mardi.
Le jeudi XXII e ,
je ne bougé de céans. Tout le jour on charia du fumier à la Haulte Vente. Guillaume Mesnage y fut avec son harnoys six voyages. Il faisoyt grand froid.
Le vendredi XXIII e ,
je ne bougé de céans. Il estoyt négé au matin . .

6 avril 1559 (p. 485, t. III)
quand il en revinst.
Le jeudi VI e ,
je ne bougé de céans. Tout le jour je fus aulx Croultes, Symonnet et La Joye oster des jetons du pied des pommiers et les recouvrir au pied.
Le vendredi VII e ,
je ne bougé de céans. Comme j’estoys aulx Croultes,.

15 avril 1560 (p.558, t. III)
Drouet apporta hier de Cherebourg et souppa céans……………….XVIII s.
Le lundi XV e ,
je ne bougé de céans. Je ne fus poinct à vespres pour ce que je me trouvoys fort mal. Cantepye aussy estoyt malade.
Le mardi XVI e ,
je ne bougé de céans. Apprès la messe et disner, je m’en allé.

Principaux fragments « oubliés »

Les corrections de P. Le Cacheux font apparaître dans les deux volumes transcrits par Tollemer de nombreux « oublis », outre les deux pages « sautées » par le typographe et  les sept journées entières reproduites ci-dessus. Parfois, il s’agit de passages relativement longs, de deux, trois ou quatre lignes, comme ceux qui font partie de cette sélection.

20 décembre 1554 [p.144, t. II]
.et une unce de poyvre . Je fys raccoustrer le plancher de ma chambre a l’entree de l’uys par Symonnet et Arnoulf. Sur la relevee, arriverent missire Jehan Criquet et maistre Pierres Courtel, de Vallongnes. Ledit prestre me bailla des lettres de monsieur le lieutenant général du bailly de Caen. Ilz souppèrent et couchèrent ceans…………………………………………………. XII s. VI d.

18 janvier « 1555 » (=1556) [p. 244, t. II]
Led. Potet, mesureur, ne voulut rien prendre de moy …………… LXVIII s. VIII d.
Led. jour, Cantepye fust à Cherebourg, qui apporta du beuf pour X s. et de la chandelle pour IIII s. VI d. Lajoye fut à Vallongnes pour fere raccoustrer une selle qui lui cousta V s.
Le dymanche XIX e , je ne bougé de céans .

28 novembre 1557 [p. 388, t. II]
. dernier d’où je luy baillé quictance …………………….. LXXV s.
Ledit jour, receu de Jehan Paris XII s., sur ce qu’il et ses consorts doybvent de rente sur le terme Sainct Michel dernier à la sieurie du Mesnil ………………………………………………………………………..XII s.
Led. jour, baillé à Marin Blanguesdon ..

6 décembre 1557 [p. 389, t. II]
.Je trouvé chez mon oncle missire Gilles Maillard, que je fus convier jusques prés la maison maistre Le Gouppil, d’Estrehan. Ledit Maillard me prya de luy prester Lajoye, son nepveu, pour le convier jusques à tant qu’il eust recouvert compagnée .

27 avril 1558 [p. 424, t.III]
.Roquencourt s’en alla à Sct-Pierre ………………….. XII s. VI d.
Ledict jour je fys vuyder l’estable aulx moutons par Julian, Nicollas Levalet, Jehan Levittre, Moussierre et aultres et charier le fumier à la Haulte-Vente .
Le jeudi XXVIII e , je ne bougé de céans.

27 février « 1558 » (=1559) [p. 479, t. III]
. Tamerville, mays bien à Michel Legouppil, filz Thomas, de Saulsemesnil, et me signe au bas de la rellation dud. Pellerin, lequel ne se signa poinct, au moins de je cogneusse et comme il estoyt ceans escripvant la dicte rellation, Guillaume Berger et Tahot y arrivèrent .

Interversion 20-21 octobre 1559

20 octobre 1559 [p. 525, t. III]
Le vendredi XX e , je ne bougé de céans . Tout le jour, on charia du fumier à la Haulte-Vente. Je fys vuyder partie de l’estable aulx vaches par ceulx qui avoient vydé l’estable aulx moutons.

21 octobre 1559 [p. 525, t. III]
Le samedy XXI e , je ne bougé de céans . Je fys  achever de vider l’estable aulx vaches et celle des boufs par lesdessus dits. Thomas Drouet disna ceans. Lajoye revint de Russy.

23 juillet 1560 [p. 581, t. III]
.
Martin et Tahot couvrirent tout le jour. Ledict jour, au soyer, vinst un lacqués de Montferville, qui me dist que ma niece estoyt fort malade et que son mary et elle me pryoyent de l’aller voyer.
Le mercredi XXIIII e , apprès desjeuner, je party .

30 décembre 1560 [p.624, t. III]
.
sur la layse de XIIII s. VI d………………………… LIX s.
Le dict jour, je baillé au Monstre sur ung an de son service fini à Noel dernier IIII l. Il s’en alla a Cherebourg quand et Arnould et revinst quand et luy. ………. IIII l.
L ed. jour, j’envoyé Symonnet à Sct-Pierre-Eglise.

10 avril 1561 [p.661, t. III]
.
ferrer la haquenée, III s…………………………………………………………………………….. XXIIII s. VI d.
Ledit jour, Symonnet fut a Cherebourg pour avoir du vin et du pain frays, pour ce que je pensoye que le sieur de Bresoles, commissaire pour vendre des boys, viendrait ceans. Il apporta en pain et vin pour VIII s.
Led. jour Symonnet me tinst conte.

17 novembre 1561 [p. 724, t. III]
.
Mon frère heult aussy ung mouton à pressoyer qui est en lad. charterye, l’accourche d’une brebys rompue et l’accourche de la brebis qui est de present au pressoyer et deux filletz d’orme et j’euz deux pieux de chesne dolés.. .

Marcel ROUPSARD


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