Gilles de Gouberville

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Les Anglais

Gouberville et les Anglais

1418 : le roi d’Angleterre Henri III et son armée débarquent à Touques.
Cherbourg est très vite assiégé et capitule, affamé, au bout de cinq mois. Commence une occupation anglaise de la ville et de ses environs qui va durer 32 ans !*
* Les Anglais quitteront définitivement Cherbourg le 14 août 1450.

Gilles de Gouberville naît aux alentours de 1521. La partie connue de son Journal est datée de 1549, c’est-à-dire, quasiment un siècle après le départ des Anglais. On peut facilement imaginer que sa jeunesse a été baignée dans une « saga » des rapports franco-anglais.

Le Journal fait de nombreuses références à l’Angleterre et à ses sujets.
Il s’en dégage deux notions : après le départ des Anglais, se maintient un flux permanent de passage de Normandie vers l’Angleterre et inversement et ceci sans contrainte et en toute liberté de circulation ; simultanément perdure la peur, très sensible, d’une nouvelle apparition de l’armée anglaise.

Le trafic transmanche est humain et commercial. Il est probable que les habitudes ont été prises durant l’occupation anglaise : il faut bien vivre, d’autant que les rapports entre occupants et occupés ne semblent pas avoir été détestables. Deux exemples, parmi bien d’autres, de passages au manoir du Mesnil-au-Val :
Apprès disner arriva Jacques Pitet, sergent de Bayeux, et ung jeune Angloys quand et luy. ( 19 juillet 1554)

A notre retour, nous trouvasmes ung jeune homme de Sct-Saulveur-le-Viconte qui avoyt demeuré en Angleterre, qui venoyt quérir les angloys qui estoyent céans pour s’en retourner  ; car le vent estoyt propre. (1 septembre 1560)

Notons une anecdote : le fauconnier anglais Robert Bordes laisse son fils chez Gilles de Gouberville ; il va rester deux années au manoir. Gilles le traite comme son fils et lui donne rapidement des responsabilités.
[Je]
m’en vins, le petit Angloys avecque moy, auquel je fys donner une dorée [tartine de beurre] en passant chez le Saulvage, pour ce qu’il se trouvoyt mal d’avoyr trop jeuné (26 septembre 1552).

J’envoyé le petit Angloys à Cherbourg quérir du poysson, il apporta pour II sols de morue . (12 février 1551).

Je fys curer apprès disner le puys, par le petit Angloys qu’on y descendit dedens le seau . (20 oct. 1551)

Le trafic commercial est intense et semble se faire surtout dans le sens Angleterre – France :
– commerce de chevaux, chiens, brebis, boucs, oiseaux de proie, chevreuils, etc. :

Moisson s’en vinst (.) qui ne faisoyt qu’arriver d’Angleterre et amena une jument noyre qui avoyt les deux yeulx et les quatre piedz blancz . (17 septembre 1552)

Apprès disner arrivèrent céans Marin Parys des faubourgs et Nicollas Parys demeurant en Angleterre, lequelz me amenèrent deux brebys du dit pays d’Angleterre (.). (18 septembre 1552)

Robert Bordes, père de mon Angloys, arriva et avoyt deux grands chiens courans rouges qu’il avoyt amenés d’Angleterre. (4 septembre 1553)

Jehan Le Chevalier et son nepveu Loys revindrent d’Angleterre (.) et amenèrent ung dain qu’ilz me donnèrent . (2 mars 1553)

– commerce d’étoffes, notamment du drap rouge anglais en quantité.

(..) à Cherebourg, j’achatté de La Bihotte , marchant, demye aulne de drap d’Angleterre rouge, pour ma seur de Sct-Naser, XII s. (14 novembre 1555)

Comme nous dynions arrivèrent Thomas Bunette, de Sct-Sauveur-le-Vicomte, et Martin Babille, de Cherebourg, lesquelz venoyent d’Angleterre et m’apportèrent deux aulnes d’estamet noyer, des gans et une bourse que Massonnière m’envoyet (.). (7 avril 1556)

A contrario de ces échanges commerciaux et humains, demeure la crainte constante d’un débarquement anglais. Au moindre orage en mer on pense à une canonnade :

(.) on vinst dire que les Angloys vouloyent descendre près Cherebourg. Nous laissasmes tout et allasmes assembler tous les hommes de ceste paroisse pour y aller. Nous vinsmes que c’estoyt à la Tourlaville. Aussy les navires estoyent bien repoussés de l’artillerie de terre. (15 juin 1557).

Cette crainte va entraîner la mise en place d’une organisation défensive tant en hommes qu’en construction de forts, le long du littoral.
Inversement, tout notre petit monde goubervillien se fera le plaisir de passer deux jours dans l’île d’Aurigny*, en juillet 1558 à l’initiative du capitaine Malesard qui, quelques jours auparavant s’en est emparé, y faisant une razzia de bétail. Gouberville et ses amis se promènent et mangent fort bien. Gilles devra se reposer après le repas « 
pour ce que je m’estoys trouvé mal sur la mer  » .
A noter que l’île redeviendra anglaise quelques jours plus tard.
* Voir
Le voyage de Gilles à Aurigny en 1558 par Gérard Fosse (archives du site – 2003)

Claude BONNET

 

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