Gilles de Gouberville

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Noël au Mesnil au Val

Tout comme Pâques, Noël est un moment très particulier de l’année chrétienne et on peut supposer que Gilles rapporte tout ce qu’il fait dans le domaine religieux : s’il ne dit pas qu’il va à la messe de minuit, il n’y va effectivement pas. De plus il mentionnerait un fait qui nécessite un déplacement à une heure aussi inhabituelle.

Que fait-il donc les « vigile » (24 décembre) et jour de Noël ?

Il n’est pas toujours au Mesnil. Ainsi en 1549 et 1550, il est à Rouen pour procès. Thomas Langlois dit Cantepie, son homme de confiance, est avec lui. Le 24 décembre 1549, Gilles est malade et ne peut assister à la messe de minuit. Le lendemain, il va à la messe Notre-Dame, se promène, déjeune, assiste aux vêpres puis discute de son procès avec son avocat. L’année suivante, le 24 décembre, après les vêpres, il dîne avec des amis puis va « au service et à la messe de mynuyct à la prieuray de St Lo ». Au retour, ils mangent du mouton et boivent du vin. Le 25, il déjeune et dîne avec des amis.

En 1551 Gilles et Cantepie vont à Cherbourg le 24 décembre ; ils déjeunent au château, invités par le capitaine. Ils vont ensuite chez un ami, chez lequel ils se couchent jusqu’à minuit. « Entre une et deux heures apprès mynuyct je m’en allé à la messe de mynuyct Cantepie avec moy. Nous ouysmes deux messes à nostre chappelle » (l’identification de « notre » chapelle est très incertaine. Gilles avait un logement à Cherbourg. Ce logement avait-il une chapelle ?). Ils retournent ensuite se coucher (dans le logement de Cherbourg ?), assistent à la messe du jour, déjeunent de nouveau avec le capitaine au château, vont écouter un sermon et les vêpres puis reviennent au Mesnil.

A partir de 1552, tous les Noëls se passent au Mesnil.

Le 24 décembre

La plupart du temps, Gilles vaque, à ses affaires* ou s’occupe de ses terres. Il assiste quelquefois à la messe du jour**, quelquefois aux vêpres. Il note qu’il fait placer le « chuquet de Noël*** en la cuysine » (1553) mais il ne rapporte pas systématiquement cette coutume. Il n’en parle de nouveau qu’en 1559 : il le fait scier dans un « fau » (hêtre) arraché par le vent.

* un exemple : en 1562, Gilles se rend en forêt afin d’y faire une enquête sur des arbres abattus ; il convoque les coupables aux « haultz jours ».
** le seul 24 décembre où Gilles manifeste une intense ferveur religieuse est celui de 1559. Il va à l’église du Mesnil très tôt.
« Il n’y avoyt personne ». Peu à peu des gens arrivent ainsi que le curé qui dit la messe Notre-Dame où Gilles « fut tout du long » ainsi qu’à la « procession et eaue bénite » ; il part toutefois au moment de la lecture de l’Epître. De retour au manoir il traite diverses affaires, déjeune puis va assister aux vêpres.
***
« le chuquet de Noël » : quelques jours avant Noël, il était de tradition de préparer une énorme pièce de bois de bois destinée à brûler toute la nuit ; elle ne pouvait être transportée que par plusieurs hommes (ex : cinq personnes en plus les serviteurs de Gilles le 24 décembre 1553).

La messe de minuit

En 1555 il assiste à la messe de minuit dans l’église du Mesnil avec presque tous ses proches : Cantepie, ses demi-frères Symonnet et Arnoulf, sa demi-sœur Guillemette et plusieurs serviteurs. Les autres années, il n’ira pas : en 1554, il est malade mais à partir de 1556, il ne donne aucune explication.
A noter qu’à deux reprises, plusieurs personnes de sa maison dont Cantepie « sortent » le soir du 24 décembre. En 1553, vers 10 heures du soir, ils vont à « mattines » ( ?) à l’église du Mesnil puis à la messe à Digosville (distante de 3 km environ) « por voyer ceux qui jouèrent une moralité à la fin de la messe ». Ils reviennent « viron une heure avant jor ». En 1554 Cantepie et les autres « furent à Digoville pour ce qu’on y jouet ». En 1552, le matin de Noël on lui rapporte « un bonnet et une soye veloux » qu’il a prêtés « au cappitaine du Teil pour jouer à leur messe de my nuyct » (le Theil est distant de 4 km).

Le jour de Noël

Gilles va systématiquement à la messe du matin* et revient souvent déjeuner au manoir en compagnie du curé qu’il invite. Après le repas, il va parfois aux vêpres, se promène, aide à faire tourner le moulin « qui mouloyt pour le garder de la gelée » (1554), joue à la choule (1555), , va à la chasse (1557)), essaie une nouvelle scie qu’il montre à ses amis (1561), …

* en 1557, le jour de Noël est particulièrement chargé en cérémonies religieuses puisqu’il assiste à la messe du jour à l’église du Mesnil, puis à une messe basse et après les vêpres, à un enterrement !

Quant aux repas de Noël, Gilles n’en parle pas. Il ne doivent donc pas différer notablement de ceux des autres jours.

Jacqueline VASTEL
Illustration (légende)
Paysage d’hiver (détail) de Gijsbrecht Leytens.

 

 

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