Gilles de Gouberville

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Cherbourg

La ville de Cherbourg au temps de Gilles de Gouberville

C’est une cité de quatre mille habitants à peine, presque entièrement enclose dans son enceinte fortifiée, aux trois portes principales garanties par des ponts-levis de bois, toujours gardées, et fermées du coucher du soleil jusqu’à l’aube :
« Nous estions à Cherbourg plus d’une heure avant la porte ouvrante ; je me pourmenai longtemps sur les fossés » (27 juin 1558).
Une entrée secondaire existait à l’est, par les fausses braies* de l’enceinte, où la rivière, la Divette, longeait les remparts :
* terrasse formant défense pour l’artillerie légère
« Nous en retournasmes à la ville, entrez par les faulses brays » (13 janvier 1555).

Le château, entouré de ses propres fossés, avec son donjon, sa douzaine de tours et les logements pour la garnison, occupait toute la partie sud-est de la ville, réduisant d’autant l’espace urbain :
« Comme nous sortions de la porte du chasteau, nous trouvasmes Gilles Leloutre qui parloyt à des compagnons de la place » (11 juillet 1555).

En venant du Mesnil-au-Val, les cavaliers devaient, pour franchir la Divette, emprunter le grand pont de Grève, parfois submergé à marée haute, qui reliait la cité aux grèves de Tourlaville sur la rive droite, près de la saline, où l’on allait souvent jouer à la choule* :
* Jeu violent où deux équipes se disputent, parfois pendant plusieurs heures et sur une longue distance, une pelote (balle, vessie de porc recouverte de cuir).
« Il estoyt nuyct quand mes serviteurs revindrent, pour ce que la mer les avoyt faict attendre à la saline dempuys dix heures, jusques à deux apprès mydi » (20 décembre 1559).
« Nous trouvasmes sur le pont de la Grève les chouleurs qui s’en retournoyent et avoyent gagné la pelotte » (15 janvier 1555).

Un faubourg avait commencé à s’édifier au sud des remparts, le long du quai de la Divette où abordaient les navires, près du chemin reliant le pont de Grève à la porte Notre-Dame. On y tirait au sec les bateaux en réparation. Quelques auberges y étaient installées, fréquentées par matelots et voyageurs. Gilles s’arrêtait souvent à L’écu de France, où il laissait parfois son cheval en garde :
« Nous desjeunasmes à l’Escu-de-France, aulx faulxbourgz, chez Orenge » (18 mars 1557).

Au nord-ouest de la ville, non loin de la Trinité et de la tour de Gouberville (souvenir d’un ancêtre de Gilles), la tour Carrée protégeait la porte de la Hague, donnant accès au chemin vers l’abbaye du Vœu :
« On fermoyt la porte de la Hague, qui estoyt lors ouverte pour les pontz de l’austre qu’on refaisoyt, quand nous partismes » (30 octobre 1555).

Par très basse mer, il était parfois plus rapide, pour se rendre dans la Hague, de couper par les grèves au nord des remparts :
« Ma seur et sa compagnée passèrent entre mer et ville et allèrent à Sainct-Naser » (27 avril 1562).

Robert Lerouvillois

Note : le château et les fortifications de Cherbourg furent détruits en 1692 sur ordre de Louis XIV.

Interprétation aquarellée de la vue cavalière de Cherbourg de Jacques Gomboust, publiée en 1657 dans Topographiæ Galliæ, recueil consacré aux villes fortifiées de France.- (Coll. Bibliothèque J. Prévert, Cherbourg – Photographie d’Anne Bonnet)

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